Brigandine, jacques ou cotte de plaques ?

Chevaliers 14ème au combatLes XIVème et XVème siècles sont une période de transition pour l’armure des chevaliers, qui passent progressivement de la cotte de maille à l’armure de plates complète. La cotte de maille se recouvre de plus en plus de plaques métalliques pour arriver à ces pièces spectaculaires que nous connaissons tous, qui voient leur aboutissement avec les armures de joute du XVIème siècle. Mais saviez vous qu’une autre armure est apparue à la même époque, et qu’elle était aussi fréquente, voire plus, que le harnois blanc de plates ?

Combattant en brigandineIl s’agit de la Brigandine… aujourd’hui quelque peu délaissée par les reconstituteurs médiévaux, malgré ses nombreux avantages. Il s’agit d’une protection qui adopte peu ou prou la forme du doublet médiéval, constituée de nombreuses petites plaques des fer, rivetées entre elles et sur un support en toile ou en cuir – voir les deux.  A l’extérieur, le métal est invisible et l’on voit uniquement la partie textile ou cuir, avec les rivets qui tiennent les plaques entre elles. Un combattant riche choisira souvent un beau velours, alors que la troupe se contentera de cuir.

Le motif dessiné par les rivets, par petits groupes de trois, est caractéristique et permet d’identifier la brigandine au premier coup d’oeil. Elle peut également être doublée de tissu côté intérieur, mais ce n’est pas systématique. Cette armure présente bien des avantages. Elle est plus rapide à fabriquer que la maille, bien moins couteuse que le plastron de plates, et le textile protège le fer de la corrosion – ou du moins la cache.

BrigandineEn plus, comme les plaques se chevauchent, la protection est excellente, et si le brigandinier est bon, on conserve une certainement mobilité. Elle a cependant un défaut… que son nom indique bien… Son faible coût et sa redoutable efficacité permettait de s’équiper à bon prix, et elle a été particulièrement en vogue parmi les compagnies de brigands qui ravageaient la France pendant et juste après la guerre de cent ans.

Il en existe une autre version, encore plus facile à fabriquer, la Jacques. Il s’agit d’une brigandine dont les plaques ne sont pas rivetées, mais simplement cousues. Cette armure est souvent faite de pièces de récupération, assemblée par le combattant lui-même, et est moins compliquée à faire que la vraie brigandine.

plaque de jacquesCette armure équipait plutôt les combattants les moins fortunés, qui ont besoin de se faire une armure rapidement et pour peu cher. On pourrait penser que brigandine et jacques vont disparaître à la fin du Moyen-Age, avec la généralisation des mousquets. Erreur… les jacques vont rester en usage jusqu’au XVIIème siècle… mais en Amérique du Nord ! Cette protection s’avère en effet particulièrement efficace contre les flèches des indiens. Des fouilles conduites il y a quelques années sur le site du fort de Jamestown, en Virginie, ont permis d’en découvrir une entière, datée de 1607 !

Brigandine 15ème, Compagnie de St GeorgesCe petit article ne serait pas complet si nous ne parlions pas de la cotte de plaques, qui elle est beaucoup plus ancienne. Il s’agit de l’ancêtre de la brigandine, toujours formée de plaques rivetées entre elles, mais qui ne se recouvrent pas cette fois. Cette armure à l’avantage de la souplesse, mais il ne faut pas que la flèche passe au mauvais endroit…

Alors, ne pensez vous pas qu’il serait intéressant de porter un peu plus de brigandines, cottes de plates et jacques ? Ces doublets de velours avec leurs beaux rivets sont tout de même particulièrement élégants, comme cette magnifique reconstitution que nous devons à l’excellent groupe Suisse la Compagnie de St Georges...

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