Histoire, reconstitution ou archéologie ? Bonne question…

Il y a cent ans, la première guerre mondiale était sur le point de débuter… En quatre ans de conflits, les évolutions du matériel et des techniques vont être considérables. Parmi les innovations majeures, figurent les blindés, qui vont changer la physionomie du combat. Côté britannique, les modèles vont se nommer Mark I, II, III, IV et V. C’est de ces chars dont nous allons vous parler avec deux bien drôles d’histoire…

Si environ 1000 exemplaires de mark V ont été construits, avec 60% de modèles dits femelles (équipés de mitrailleuses) et 40% de mâles (dotés de canons), très peu d’exemplaires en bon état existent encore… Le Bovington tank museum britannique a encore un exemplaire en état de marche… Par contre, le très grand âge de de vieux monsieur rend son utilisation en extérieur plus que délicate, et le curateur du musée n’osait plus vraiment le faire tourner en extérieur, sur le circuit prévu à cet effet, de peur qu’il ne tombe en panne.

Et c’est là que Steven Spielberg intervient… Dans sont film cheval de guerre, on voit apparaître un bien beau Mark V, parfaitement identique extérieurement à l’original. Et c’est ainsi que le musée anglais a décidé d’acheter cet accessoire de cinéma, qui est aussi une excellent reconstitution de leur char. L’original reste maintenant dans le musée, et c’est la vedette de cinéma qui fait les démonstrations en extérieur !

En France, par contre, si on dispose de chars francais en bon état, aucun Mark britannique n’était conservé. Un passionné du nom de Philippe GORCZYNSKI, était persuadé de pouvoir retrouver un des Mark IV qui avait participé à la bataille de Cambrai, pendant laquelle près de 500 de ces blindés ont été engagés. Plusieurs témoignages concordants attestaient d’un char enterré dans une fosse non loin de Flesquières.

Fin 1998, après une décennie de travaux, le service régional de l’archéologie va procéder à un sondage sur le site localisé par M Gorczynski, et là, surprise… Le char est en parfait état  – au coup d’obus près qui avait mis fin à sa carrière – et avait été utilisé comme abri enterré, ce qui fait que l’intérieur n’était pas rempli de terre… Cette pièce exceptionnelle va être dégagée, classée monument historique et restaurée avec l’aide de l’armée britannique elle-même. Elle est désormais visible dans une grange acquise pour l’occasion par ce passionné sans qui rien de tout cela n’aurait été possible !

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