La guerre des Zoulous, 1878-1879

Le nom « zoulou » dérive de l’expression ama zulu, qui signifie « peuple du ciel ». En 1816, le chef Shaka unifie les différentes tribus et constitue un empire conquérant très puissant, basé sur la supériorité de son armée (impi), répartie en différents régiments (amabutho) reconnaissables à la couleur de leurs boucliers de peau. La silhouette du guerrier zoulou a été immortalisé par le cinéma dans deux films à grand spectacle tournés respectivement en 1964 et 1979 : Zoulou (avec Michael Caine et Stanley Baker) et L’ultime attaque (Zulu dawn) (avec Burt Lancaster et Peter O’Tool).

Le bouclier zoulou augmente en taille durant les réformes militaires de Shaka. Il est traversé dans sa hauteur par un long bâton qui lui sert de poignée, décoré dans son extrémité supérieure par des ornements qui indiquent le clan. L’arme offensive est une sagaie au manche court mais à la pointe longue et acérée, utilisable en jet ou tenue à la main comme un poignard. Les Zoulous utilisent aussi des casse-têtes en bois. Le costume se complète d’un pagne, de bracelets faits de végétal ou de fourrure, aux bras et aux jambes, et d’une coiffure qui peut être très ornementée. Surentraîné le guerrier zoulou est capable de parcourir de très longues distances à la course, ce qui le met en position de force lorsque l’impi encercle un adversaire selon la tactique des « cornes du taureau » (une attaque frontale et les deux ailes qui se déploient pour envelopper l’ennemi, formant des cornes). L’armée zouloue compte alors entre 30 000 et 40 000 hommes.

Leur organisation militaire, l’excellence de leurs guerriers et leur esprit belliqueux conduisent les Zoulous à entrer en lutte avec les colons Boers (d’origine hollandaise). Mais c’est surtout la guerre qui les oppose à l’armée coloniale britannique qui fait parler d’eux en cette fin du XIXe siècle. En 1878, le gouverneur anglais lance un ultimatum, volontairement inacceptable, au roi zoulou Cetshwaho. Devant son refus, les hostilités sont déclarées, et les troupes britanniques (environ 16 000 hommes) pénètrent en territoire zoulou. Leur sentiment de supériorité et leur puissance de feu (canon et fusils Martini-Henry à chargement par la culasse) les entraînent à sous-estimer ces guerriers d’un autre âge, à moitié nus et équipés de lances.

Une première bataille à lieu à Isandhlwana, où l’infanterie anglaise est débordée et massacrée. Beaucoup de fusils sont récupérés par les Zoulous, mais qui s’en servent mal. Dans leur lancée, les Zoulous se jettent sur la  mission de Rorke’s Drift, transformée en camp retranché par une poignée de soldats, qui tient tête à plus de 5000 Zoulous. Le 4 juillet 1879, les Zoulou sont vaincus à Ulundi, et leur roi capturé. Les Anglais partage le Zululand qui connaît alors des guerres intestines jusqu’à l’absorption définitive du pays dans la colonie du Cap. Au cours de cette guerre, le prince impérial, fils de Napoléon III servant dans l’armée anglaise, est tué par des Zoulous.

 Des reconstitutions historiques sont aujourd’hui organisées sur les lieux des batailles à des fins touristiques. Ces photos en sont issues.

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