La nouba du 1er régiment des tirailleurs

Quelques armées du monde possèdent encore des troupes disposant d’un uniforme de tradition, généralement copié ou dérivé de ceux en usage au XIXe siècle : période faste pour les tenues colorées et chamarrées. Les horse guards britanniques ou nos gardes républicains en sont les exemples les plus connus. D’autres corps se sont piqués également au jeu, en réservant le plus souvent ces uniformes reconstitués à leur musique militaire.

Le 1er mai 1994, à l’occasion du 50e anniversaire de la Libération, le premier régiment des tirailleurs a été reformé à partir du 170e régiment d’infanterie, qui portait encore le drapeau du 7e régiment de tirailleurs algériens. Seul ce régiment est autorisé à porter la demi-lune en or sur fond bleu ciel clair, couronné de trois chevrons de l’armée d’Afrique.

Les plus anciens témoignages d’une musique (non réglementaire) au sein de ces régiments africains remontent au centenaire de l’Algérie, en 1860, et le peintre Edouard Detaille représente en 1884 la nouba du 2e tirailleur. La formation possède un chapeau chinois depuis la fin de la Première guerre mondiale.

Vers 1930, certains régiments ont leur mascotte, un mouflon ou un bélier le plus souvent. Celui du Ier régiment reformé à Epinal en 1994 s’appelle Messaoud, ce qui veut dire en arabe « fortune ».

 

 

 

 

 

Une caractéristique de La Nouba est sa tenue orientale, qui rappelle l’uniforme des anciens tirailleurs algériens créé vers 1840. L’origine de ces troupes remonte aux corps arabes et turcs constitués par les français après la conquête d’Alger (1830), avec des volontaires, des contingents fournis par différents chefs locaux,  ou avec des les troupes organisées des divers beys vaincus par les Français.

Cet uniforme se compose d’un pantalon bouffant appelé « saroual », de couleur bleu ciel ou blanc selon la saison, serré à la taille par une large ceinture de laine rouge. Celle-ci avait pour fonction de tenir au chaud l’abdomen des soldats et sous-officiers pour leur éviter des maux intestinaux. Les officiers en étaient exemptés, car ceux-là pouvaient se faire soigner avec des médicaments. La veste, courte et bleue, à parements jaunes dessinant de belles volutes, est portée sur un gilet sans manches : le « sédria ». Sur la tête, les tirailleurs arborent le « chèche », c’est-à-dire une bande de tissu blanc enroulée, ou la « chéchia » en feutre cramoisie avec un pompon à franges bleu ciel.

Pour en savoir plus : http://www.immsfrance.fr/musiques/nouba1rt.htm

 

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