L’armure à plates… le retour !

Tout le monde sait que l’âge d’or de l’armure de plates complète est le début du 16ème siècle, avec des pièces parfois extraordinaires dont nous avons déjà eu l’occasion de parler à plusieurs reprises. Toute la chevalerie est équipée, et bon nombre de piétons, arquebusiers et piquiers en sont dotés. La cuirasse est omniprésente sur tous les champs de bataille…

Et si l’on vous demandait combien d’armures étaient produites chaque année en Europe, sauriez vous répondre ? Et si l’on vous demandait quel a été le nombre maximum d’armures de plates produites en une seule année, sauriez vous dire que cela à été 500.000 ? Et oui, un demi-million… Mais comment cela a-t-il été possible ?

Petit à petit, à la fin du Moyen-Age, la progression des armements individuels va faire que la mobilité va être privilégiée à la protection, et l’armure va disparaitre progressivement des champs de bataille… Même le casque finira par disparaître au cours du 17ème siècle. Bien sûr certaines unités d’élite, comme la cavalerie lourde, vont la conserver plus longtemps, mais il est vrai que dans leur cas, le problème de mobilité se pose moins, sauf pour le cheval, mais il est souvent plus docile que le soldat !

Au 19ème siècle, c’en est fait de l’armure, sauf pour quelques unités montées de tradition. Quand débute la grande guerre, en 1914, l’armée française n’a pas de casque, et l’armée allemande un étrange couvre-chef en cuir. Mais, avec l’enlisement du conflit – au sens propre et figuré – dans les tranchées, la situation va vite évoluer. On réalise tout d’abord que le casque n’était pas une invention si bête que cela… et le Stahlhelm allemand, le Birmingham anglais et l’Adrian français sont inventés.

En 1916, le service médical britannique, en étudiant les statistiques du front Ouest, réalise que 60 à 80% des blessures sont causées par des projectiles à faible vélocité : balles en fin de course, éclats d’obus, pierre ayant ricoché, éclats de grenades. Bref, les tirs directs sont finalement assez rares, et l’on conclut que les deux tiers des blessures pourraient être évitées si le combattant portait une protection corporelle de base. On va donc voir fleurir en Angleterre des entreprises vendant des armures aux soldats, parfois quelque peu fantaisistes. De manière surprenante l’Etat major anglais ne lancera pas de programme d’équipement de grande envergure.

L’initiative viendra de l’Allemagne, qui après quelques essais, va lancer en 1916 la production d’une armure de tranchée la célèbre Sappenpanzer. Très lourde et encombrante, elle n’équipera en pratique que les mitrailleurs et les personnels à poste fixe. En 1917, sort une version améliorée (notre reproduction figurant ci-contre). Formée de 4 plaques articulées, elle se pose sur les épaules du combattant et ne pèse (que) 10 à 12kg. Point intéressant, on peut la mettre dans le dos, comme ces tireurs d’élite dont l’avant est protégé par un bouclier de tranchées.

Assez largement répandue – avec 500.000 pièces produites – on ne la voit finalement que peu sur les photographies d’époque, mais l’avantage est réel, au point que des soldats alliés vont même la porter quand ils en trouvent.

Aujourd’hui, les nouveaux matériaux ont remplacé l’acier, mais quiand on voit un policier anti-émeute en tenue, on comprend que le principe de l’armure de plates perdure, et que le Moyen-Age est toujours parmi nous !

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