Le 11 novembre 1918, à 11H, c’était l’armistice. Vraiment ?

La fin de la guerre enfin. La victoire pour les uns, la défaite pour les autres, mais au moins la joie de se sentir vivants pour ceux qui réussirent à s’en sortir indemnes, ou à peu près. Mais sait-on que dans bien des secteurs les combats continuèrent avec acharnement ? Le 11 novembre, les Français perdirent encore 1170 hommes, tués, blessés ou disparus. Les Anglais en perdirent plus de 4000. Cette journée coûta la vie à 11 000 hommes.

Pourtant, de part et d’autre, on savait dans les états-majors depuis 4 jours que la paix était sur le point d’être signée, et qu’il était peut-être bienvenu de ne pas faire trop de zèle en attendant le coup de sifflet final. Mais sur le terrain, la chose n’en allait pas de même, et volontairement ou involontairement, l’information n’arriva pas toujours jusqu’aux tranchées de première ligne.

Du côté américain, certaines unités ne la reçurent que vers midi, et elle surprit les 89e et 90e divisions en pleine offensive dans le secteur de Meuse-Argonne, engagées dans la bataille de Stenay. L’objectif était justement de traverser la Meuse coûte que coûte avant l’armistice et de couper la ligne de chemin de fer qui alimentait les troupes allemandes sur le front de Verdun. Cette décision fut donc stratégique et symbolique.

Les Français avaient le même objectif, et au matin du 11 novembre, 68 soldats du 415e régiment d’infanterie y perdirent la vie. Après cette affaire, le commandement jugea nécessaire d’antidater leur mort de la veille, pour étouffer l’affaire. Devant Stenay, les Américains, qui déjà la veille avaient perdu une centaine d’hommes  et tué une soixantaine d’Allemands, furent pris sous un feu meurtrier et ce furent encore des dizaines de soldats qui disparurent.

Chaque journée de la guerre 14-18 a fauché en moyenne 6500 victimes. Mais après l’armistice, la France est encore engagée en Pologne et en Crimée contre les Bolcheviks, et en Anatolie contre les Turcs. 26 000 hommes vont encore tomber avant les traités de paix de 1919-1920 (d’après un article de Pierre Vermeren).

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