Le bouclier, un accessoire indispensable…

Phalange et aspisLe bouclier est un des accessoires indispensables de la panoplie de tout reconstituteur, de l’antiquité jusqu’au début des temps modernes. Si toutes les armées du monde l’ont utilisé jusqu’à la généralisation des armes à feu, cette pièce a bien évolué au cours du temps et de l’histoire, accompagnant l’évolution des techniques de combat et des équipements…

Hoplon_aspis_clipeus_MS130BTout d’abord, ôtons nous une fausse idée de l’esprit : les boucliers sont essentiellement en bois, parfois en cuir, rarement en métal – cette dernière matière n’apparaissant qu’avec les armes à feu, pour faire court. Ils sont toujours décorés et peints, pour permettre d’identifier les combattants et les unités.

Notre bref (et non exhaustif) aperçu va commencer à l’époque grecque classique, lorsque le bouclier s’appelle Aspis. Il s’agit d’un accessoire en bois, recouvert de textile ou de cuir, parfois d’une couche de bronze destinée avant tout à la décoration. Circulaire, il a Phalangiste macédonienune forme lenticulaire avec une arête périphérique, et mesure près de 1m de diamètre. Cette drôle de forme permet au combattant de loger son épaule à l’intérieur, et donc de supporter son poids avec son corps, et pas seulement au bout de son avant-bras. Il faut dire que la bête pèse une douzaine de kilos… Il est bien adapté au combat en formation et à la lance, offrant une protection quasi complète, sauf au niveau des jambes – mais il faut dire que les armes passent au dessus de la ligne de boucliers, et qu’une fois en formation, on ne peut guère les déplacer.

Scutum époque césarienneA l’époque de la phalange hellénistique, le bouclier deviendra plus petit, mais il sera vite supplanté par le scutum romain. Il s’agit d’un bouclier en bois, cintré, et légèrement arrondi aux extrémités. Mesurant à l’époque républicaine facilement 1m30, il va progressivement devenir plus petit pour atteindre cette forme carrée que nous connaissons bien. Là aussi, il s’agit d’une arme destinée au combat en formation. Très couvrant, il restreint aussi le champ de vision et la mobilité de son porteur. Il est tenu, contrairement aux modèles antérieurs et médiévaux, par une poignée, la main étant protégée par un renfort en fer. Le scutum coexiste avec des Légionnaires du 3ème siècle, tournage du Métronomeboucliers de forme ovale, qui équipent largement la cavalerie, mais aussi certaines unités d’infanterie, et qui se rapprochent des protections utilisées par les peuples germaniques et celtes du début de notre ère. La tradition populaire donne aux légionnaires un scutum et aux auxiliaires un bouclier ovale, mais les choses semblent bien moins tranchées que cela.

combattant du bas empireAu bas empire, les affrontements réunissent moins de combattants, et les escarmouches sont plus nombreuses. Avec un mode de combat plus ouvert, les armes changent. Les épées s’allongent, et le bouclier redevient circulaire, toujours bombé, avec une taille parfois impressionnante de plus de 1 m de diamètre. Il faut y voir une influence nette des peuples germaniques, qui adoptent cette forme à cette époque.

Au haut moyen-âge, le bouclier rond va encore dominer le champ de bataille, mais sa taille sera plus faible que dans l’antiquité. Les vikings sont une excellent illustration de cette mode, avec des targes – nom donné à ces petits boucliers ronds – en bois portant parfois des décorations absolument magnifiques.

A suivre…

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