Les Vikings en Amérique… pour de vrai cette fois !

Bon, on ne va pas se mentir, on s’est fait avoir la semaine dernière, mais gageons que cette histoire inventée par des petits malins deviendra réelle un jour, car il y a fort à parier que ces grands explorateurs ont été tentés de voir ce qu’il y avait plus au sud. Aujourd’hui, que savons nous vraiment de la découverte de l’Amérique par les Vikings ? Est-elle prouvée ? Elle l’est ! La preuve par la reconstitution.

Que nous disent les sagas scandinaves ? D’abord transmises oralement, ces récits furent couchés sur le papier à partir du 12e siècle. L’une d’elles raconte les voyages d’Erik le Rouge et de Bjarni Herjolfsson qui, partis du Groenland avec un équipage d’une trentaine d’hommes, jetèrent l’ancre dans une baie qu’ils jugèrent idyllique, avec des prairies grasses, des forêts, de l’eau et du poisson en abondance, un climat doux. Ils décidèrent de rester et installèrent un campement.

L’un des hommes, nommé Tyrkir le Germain, s’aventura hors de la colonie et découvrit que le pays regorgeait de raisin sauvage. Ainsi, il fut appelé Vinland : « le Pays du vin ». A l’été suivant, les Vikings repartirent pour le Groenland. D’autres les imitèrent ensuite, dont le commerçant islandais Thorfinn Karlsefni, avec 135 hommes et 15 femmes embarqués avec du bétail sur au moins  trois navires. Ils rencontrèrent les Skrælings (les Indiens), qui finirent par les rejeter à la mer. Cette découverte du « Nouveau Monde » eut lieu cinq siècles avant Christophe Colomb.

L’une de ces expéditions débarqua en tout cas sur la péninsule Great Northern de Terre-Neuve, à un endroit baptisé aujourd’hui L’Anse aux Meadows. Les restes d’un établissement viking y ont été retrouvés en 1960 par l’explorateur et écrivain norvégien Helge Ingstad. Un ensemble de monticules recouverts par la végétation s’avéra tout ce qu’il restait d’une série de bâtiments, qui furent fouillés jusqu’en 1968 par l’archéologue Anne Stine Ingstad (l’épouse de l’inventeur).

Huit constructions furent ainsi exhumées, datées du 11e siècle. Murs et toits avaient été élevés en terre et gazon, posés sur un châssis, comme ce qui se faisait à la même époque en Scandinavie. Des artefacts de la présence viking furent mis au jour : outils, bijoux, objets du quotidien pour s’éclairer, cuisiner, filer la laine et coudre, etc., qui sont aujourd’hui exposés sur place. Au bout de quelques années d’occupation, le site fut abandonné et la nature reprit ses droits.

Le site est classé depuis 1978 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une reconstitution de la colonie a été faite de manière scientifique, que l’on peut venir visiter. Le décor est époustouflant, avec sa toile de fond d’une beauté sauvage grandiose. Le site est animé par des passionnés, en costumes, qui racontent l’histoire de la découverte et du peuplement du continent américains par leurs ancêtres, mais aussi leur vie quotidienne loin de tout. Vous pourrez écouter les sagas au coin du feu, apprendre les techniques de tissage sur des métiers vikings ou les rudiments de la forge. Chaque année, au mois de juillet, est même organisé un festival viking très bon enfant.

Pour en savoir plus : http://www.pc.gc.ca/eng/lhn-nhs/nl/meadows/index.aspx

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