L’étonnante carrière du Springfield 1842…

un_springfield_parmi_ses_pairsLes Etats-Unis se dotent quelques années après leur indépendance de leur propre manufacture d’armes. Basée à Springfield dans le Massachussets, elle va produire toutes les armes d’épaule réglementaire de l’armée américaine jusqu’à la fin du 19ème siècle. Parmi celles-ci, une aura un parcours assez étonnant : il s’agit du Springfield 1842…

Le premier mousquet mis en production est le Springfield 1795, qui est en fait une reproduction du Charleville 1766 français. Il va être remplacé en 1812 par un second modèle largement inspiré du Charleville 1777 modifié an IX. Après quelques modifications, il va devenir le Springfield 1816, qui ne subira que quelques variations mineures par la suite.
Feu de ligne

La fin de la première moitié du 19ème siècle est toutefois un tournant dans l’histoire des armes à feu, car les progrès de la chimie permettent de mettre au point des amorces détonnant au choc. Il est donc possible de remplacer les anciens mécanismes à silex, où la poudre est enflammée par les étincelles produites par la pierre heurtant la batterie, par des mécanismes à percussion. Dans le même temps, le fusil à canon rayé remplace petit à petit le mousquet à canon lisse.

Springfiled_1842_MQ140Le Springfield 1842 américain sera donc une arme de transition : il est équipé d’une platine à percussion, mais n’a pas encore systématiquement un canon rayé, même si l’épaisseur de celui-ci a été légèrement augmentée pour permettre par la suite de le transformer en fusil. Comme on peut s’y attendre, le modèle ne restera pas longtemps en service. En 1855, il va être remplacé par un modèle à percussion au canon rayé en série.

Régiment équipé de Springfield 1842Mais c’était sans compter sur la guerre de sécession… la nécessité d’armer un nombre considérable de combattants va conduire les autorités des deux camps à remettre en service les modèles anciens ! Plus de 200.000 Springfield 1842 vont donc reprendre du service pendant le conflit. On pourrait penser qu’une arme à canon lisse, par définition moins précise et de plus faible portée que les modèles à canon rayé, serait totalement obsolète. Mais deux arguments de poids vont jouer en sa faveur : dans la plupart des combats, les engagements sont finalement à courte portée, et surtout son calibre imposant (18mm pour les 15mm de ses successeurs) permet de tirer une charge mixte de balles et chevrotines. L’armée utilisera d’ailleurs une munition standardisée comportant une balle et trois chevrotines, qui arrêtera net la charge de la division Pickett à Gettysburgh.

Civil War Reenactors with tankEtonnante histoire, que ce mélange de technologies militaires. A propos, en voici une autre ci-contre, que seule la reconstitution permet de réaliser !

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