L’imposante artillerie d’une bataille oubliée…

HartzornEn 2008, les archéologues allemands découvrent sur le site du Harzhorn les traces d’une bataille ayant opposé germains et romains, sans doute aux environs de 235 après JC. Le point exceptionnel est la localisation de ce champ de bataille… car il se situe bien au delà des frontières de l’Empire, Hartzorndans une région abandonnée depuis le désastre de Teutoburg… Le scénario, tel que les archéologues l’ont reconstitué, n’est pas sans rappeler le désastre de Varus.

L’armée romaine est en marche, comme en témoignent les pièces de chariot retrouvées sur place, lorsqu’elle semble surprise par une attaque germanique. Les légionnaires arrivent cependant à se reformer, et surtout à mettre en batterie les imposantes pièces d’artillerie qui les accompagnent. HartzornPlusieurs douzaines de fers de balistes et chirobalistes ont été retrouvés sur le site, et l’on trouve également de nombreux traits typiques d’archers auxiliaires.

De toute évidence, l’assaut est repoussé, et les troupes de Rome vont ensuite poursuivre leurs opposants qui se replient sur le sommet d’une colline voisine, au coeur des bois. La scène n’est pas sans rappeler la bataille qui débute le péplum bien connu, gladiator… BalisteUn superbe reportage a été effectué sur le sujet, avec de magnifiques images de reconstitution, dont sont issues les premières illustrations de cet article.

Pour mieux comprendre ce qui a pu se passer  nos voisins allemands ont eu l’idée d’une reconstitution originale sur le site de l’affrontement. Octobre 2012, site du combat du Harzhorn : six balistes et chirobalistes reconstitués sont mis en batterie, à l’endroit même ou les légionnaires de la légion IV Severianae Alexandrianae les ont utilisés 18 siècles plus tôt. L’objectif est de voir si il est possible de toucher sa cible à plus de 100 m, et de comparer les différentes machines présentées. Parmi celle-ci se trouve une reconstruction due à l’armée allemande, présentée ci-dessous, particulièrement complexe et qui s’avèrera être une des pièces les plus performantes.

Les résultats sont moins spectaculaires que ceux que les auteurs de l’antiquité décrivent. La portée efficace plafonne à une centaine de mètres, et l’on est assez loin du trait mortel à 150m, voir 300m. Pour autant, on comprend bien que l’effet a du être dévastateur… Il faut aussi ajouter que les reconstituteurs modernes limitent la puissance des armes, de manière à éviter des contraintes excessives avec les risques de rupture associés…

Alors, à quand un tel déploiement en France ?

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