Mais d’où sortent donc ces T34/85 et SU100 ???

En cette période de commémoration du 70ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, vous n’avez pas pu échapper à cette information… essentielle pour tout passionné d’histoire militaire : presque tous les défilés militaires russes du 9 mai 2015 ont permis aux spectateurs de voir des combattants en costumes d’époque.

Le sujet n’est surtout pas de rentrer dans moindre polémique concernant les cérémonies en question – la presse s’en est largement chargée – mais de répondre à deux simples questions : d’où sortent donc les sept T34/85 qui inaugurent le défilé des véhicules motorisés sur la place rouge, et d’où viennent les sept SU100 qui les suivent ?

Certes le T34 est un des chars emblématiques de la seconde guerre mondiale, et a été produit à plus de 80.000 exemplaires, mais tout de même… Mis en service en 1940, il surclasse lors du début de l’opération Barbarossa tout ce que les allemands peuvent lui opposer. En nombre insuffisant, et souffrant de l’inexpérience de ses équipages, il ne fera pas la différence… au début. C’est à cause de lui que l’Allemagne va ensuite développer en urgence ses chars lourds, Panther et Tigre. Il sera fabriqué jusque dans les années 50, et est encore en service dans quelques pays à la fin des années 90. Le SU100 est quant à lui un chasseur de chars construit sur un chassis de T34, qui apparaitra à la fin du conflit. Surnommé le « nique-tout », il est capable de perforer le blindage frontal d’un Panther à 1500m. Il serait toujours utilisé aujourd’hui en Corée du Nord.

De nombreux musées, comme celui de Saumur, ou de Bovington ont un T34 ou un SU100 en état de fonctionner, mais 7 de chaque… Imaginer les organisateurs du défilé collecter 14 chars dans 14 musées pour les faire défiler le 9 mai est peu plausible. Alors, quelle est la réponse ? Simple, il s’agit de matériels disponibles à la location, qui appartiennent au leader du cinéma russe, la société Mosfilm. Le dépôt de matériel et accessoires militaires est dans les environs de Moscou, et héberge plus de 100 blindés en parfait état de fonctionnement, sans parler des pièces d’artillerie ni des armes individuelles. On voit notamment les blindés de Mosfilm dans une production dénommée White Tiger spectaculaire dont les images ci-contre et ci-dessous sont tirées – même si le panzer VI est sans doute un autre véhicule « habillé », à ce que l’on peut entrevoir de ses roulements astucieusement cachés par des Schürzen, peu courantes sur un Tigre I.

N’hésitez pas à jeter un oeil au reportage sur ce lieu assez inattendu… et en plus, les pièces de rechange sont parait-il toutes des pièces originales.

Alors, pour vos manifestations, pensez à vous faire livrer du matériel !!!

 

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