Panis militaris, ou le légionnaire casse la croûte…

Préparation du pain à Saint Romain en Gal, 2012Les légions romaines ont conquis le bassin méditerranéen, grâce à la conjugaison de leur discipline, de leur entrainement, de leur armement… et font aujourd’hui l’objet de nombreuses reconstitutions et expérimentations. On connait l’armement, le matériel, les manoeuvres, on sait comment un camp était organisé… mais savez vous ce que les soldats de Rome mangeaient en campagne ?

Meule à grain légionnaireDéjà, il faut savoir que le militaire romain emmenait ses rations avec lui, et qu’elles venaient se rajouter au poids de l’armure et du bouclier. Si l’on ajoute à tout cela sa gamelle et ses effets personnel, on comprend qu’il pouvait rechercher à limiter le poids au maximum. La base de l’alimentation était donc constituée par des céréales, accompagnées d’huile, sans doute de viande séchée, de graisse de porc, de fromage fumé et de quelques légumes plutôt robustes, comme des oignons ou de l’ail, et bien sur du vin aigre, la posca.

PaquetageLes céréales étaient transportées sous forme de grains, qui se conservent beaucoup mieux que la farine. Chaque chambrée de huit hommes, le contubernium, était autonome pour faire sa cuisine et transportait une petite meule en pierre pour transformer les grains de blé en farine. C’est pratique, mais un peu lourd… Rassurez vous, ce groupe de combat de base avait aussi un mulet pour transporter ses équipements collectifs !

Que peut-ont donc faire avec cela ? Et bien de la farine tout d’abord. Et là, deux manières de la consommer… La première, le gruau que nos amis légionnaires nommaient « pulmentum ». En voici une recette simple… Prenez un bol de farine, une bonne pincée de sel, mouillez et surtout, remuez pour supprimer tous les grumeaux. Croyez moi, vous n’avez pas envie d’avoir des grumeaux dans votre pulmentum. Vous devez arriver à une pâte un peu épaisse mais tout de même liquide. Si vous voulez un bon repère, il vous faut atteindre la consistance de la colle à papier peint… Versez la dans une poêle graissée au saindoux, et faites cuire en remuant. Vous pouvez ajouter un peu d’huile et de vin aigre. Au bout d’un moment, votre mixture va commencer à coaguler. Tournez toujours. Quand le mélange a l’air à peu près sec, c’est prêt !

Cuisine un peu plus élaboréeUne autre solution est de faire du pain. L’avantage est que vous pourrez l’emmener avec vous pour votre tour de garde. Il vous faut pour cela avoir un peu de levain… et l’absence de celui-ci en campagne explique la recette du pulmentum ! Comment fait-on cuire du pain maintenant ? Le romain se déplaçait avec sa meule à grain, mais pas son four, tout de même. Une première solution est de le faire cuire à la poële. Cela marche assez bien mais il faut faire des galettes plutôt fines. On a d’ailleurs retrouvé des poêles à petits pains assez étonnants. clibanusLa seconde est de le faire cuire sous (et oui sous, pas sur) le feu de camp… Pour cela il vous faut un clibanus, ou cloche de cuisson. Il s’agit d’une assiette recouverte d’un dôme, que vous enterrez dans les braises, avec votre pâton à l’intérieur bien sur. 30′ de cuisson, et c’est prêt !

Une dernière solution consiste à faire avant de partir des biscuits secs, nommés buccelatum. Ils apparaissent sans doute à une époque plus tardive. La recette est simple : prenez deux bols de farine, un gros demi bol d’eau, une grosse cuillère de saindoux, une grosse cuillère de sel, mélangez… Faites une pâte de un cm d’épaisseur que vous coupez en gros carrés de 5-6cm. Faites dans chaque carré quatre rangée de Repas plus varié4 trous. Faites ensuite cuire une heure à 180°. Vos biscuits doivent être marron et durs comme de la pierre. C’est prêt, vous pouvez partir en campagne, avec une vraie interrogation : comment peut-on manger cela et conserver ses dents ? Facile… première solution, vous les mouillez. Seconde option,  vous les faites revenir à la poêle avec du lard ou de l’huile et du vin aigre. Troisième solution, vous les cassez en petits morceaux et vous vous faites une sorte de purée.

Rassurez vous, une fois revenu au camp permanent, le légionnaire reprenait une alimentation plus variée et sympathique.

Bon appétit !!!

 

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