Participer à un tournoi du XVème siècle ? Bien sur, c’est possible !

Le Moyen-Âge a toujours inspiré de nombreux groupes de reconstitution, et il n’est pas rare de croiser de belles dames d’atour et de beaux chevaliers quand viennent les beaux jours… Si la plupart des troupes de reconstitution présentent des évocations d’affrontement, il est plus rare de rencontrer des reconstituteurs qui font de l’étude de l’escrime médiévale le centre de leur préoccupation, au point d’organiser de véritables écoles et des tournois…

C’est le cas de l’association la Neuvième Baronnie, basée en Charente maritime. Elle va être fondée à l’origine par un groupe d’amis qui présentent tous deux points communs : ils sont passionnés d’histoire médiévale, et pratiquent des arts martiaux asiatiques, en l’occurrence le Taekwondo et l’Hapkido. Ils vont fonder en 2004 la Neuvième Baronnie. L’idée est dès l’origine de se pencher – voir plus – sur les arts martiaux occidentaux, et c’est la raison pour laquelle ils vont choisir le XVème siècle. Tout d’abord, il existe de nombreux traités datant de cette période qui traitent des techniques de combat, cela aide. Ensuite, les équipements et surtout les armures de cette période sont tout de même plus rassurants pour celui qui envisage une pratique tout de même susceptible d’occasionner quelques bosses…

Dès 2004, l’association commence à pratiquer et à s’entraîner, sous la houlette de Stéphane Jacquet, qui n’est autre que l’instructeur d’arts martiaux qui a formé par le passé la plupart des membres du groupe. Le décryptage des traités médiévaux est laborieux pour celui qui ne parle pas latin, mais à force de persévérance, de travail et d’essais, mais aussi en croisant d’autres passionnés qui ont traduit les textes,  tout le monde avance.

Le vrai déclic se produira en 2005/2006, avec l’acquisition par l’association des premières armures. Les sensations sont bien différentes, avec un centre différent, des mouvements et une vision plus contraints, et surtout un sacré poids supplémentaire. Petit à petit, les combattants gagnent en expérience et en savoir faire. Leur objectif est de travailler sur la technique avant tout, sur la précision du geste, ce qui les amène très rapidement à abandonner les armes métalliques pour passer à des armes en bois. L’escrime quinzième cherche en effet avant tout à trouver les défauts de l’armure, et il est bien trop dangereux de tenter de simuler un coup avec une épée effilée caractéristique de cette époque sous une aisselle, même si l’arme n’est ni pointue ni affûtée…

En 2014, forts de leurs expérience, les membres de l’association, et notamment son président Sébastien Diet, vont fonder la Ligue Atlantique de Tournois et Pas d’Arme, association qui a pour but de promouvoir en Charente maritime, Charente et Aquitaine la pratique des Arts Martiaux Médiévaux et Renaissance d’Occident. L’idée est simple : certains des pratiquants ont aujourd’hui une maîtrise suffisante pour être à leur tour instructeurs, et pouvoir partager avec d’autre leur savoir faire et leurs connaissance, mais en insistant aussi sur les valeurs qui sont celles de la plupart des pratiquants d’arts martiaux : la discipline, le respect de l’autre, le respect de soi-même…

Il existe aujourd’hui 8 clubs locaux qui se réunissent chaque semaine. Certains membres pratiquent simplement l’escrime, mais d’autres s’essaient aussi au combat en armure…  Au mois de mai dernier, la ligue a organisé son premier tournoi. Celui-ci était ouvert à quiconque voulait participer, sous réserve qu’il dispose d’un équipement de protection historique et ad hoc, et se conforme aux règles de sécurité de l’Ecole. Il a réuni 10 combattants individuels, et deux équipes de 5 chevaliers. Les photographies qui illustrent cet article, prises par Thomas Gaston, que nous remercions pour sa gentillesse,  proviennent toutes de ce tournoi.

Alors… vous savez ce qu’il vous reste à faire maintenant !

Be Sociable, Share!