Les femmes Sniper de l’Armée Soviétique durant la grande guerre patriotique

Ce n’est un secret pour personne, l’Union Soviétique a dès  1925 donné aux femmes des républiques  socialistes un statut particulier, notamment dans les rangs des institutions militaires. La constitution même de ces républiques prônait, dans bien des aspects de la société l’égalité entre la femme et l’homme, qui suivaient tous deux une formation militaire, enregistrée dans un livret individuel et qui avait pour but de donner une instruction nécessaire en cas d’une éventuelle mobilisation.

A ce titre, dès le début de l’Opération Barbarossa, le 21 juin 1941, les femmes vont intégrer les formations militaires en grand nombre, proportionnellement aux taux vertigineux de pertes enregistrés durant les premiers mois du conflit. En totalité, les chiffres évoquent entre 1941 et 1945 pas moins de 800 000 femmes qui vont s’enrôler volontairement dans les forces armées Soviétiques, en comprenant les unités de Partisans. 200 000 d’entre elles seront décorées et 85 seront faites héros de l’Union Soviétique.

La propagande Stalinienne en tirera par ailleurs un très grand parti, en développant l’image d’une femme combattante. Ces  intrépides volontaires s’illustreront dans bien des unités, au sein du service de santé, de l’administration, mais plus surprenant durant cette période, et contrairement à beaucoup d’armées étrangères, dans les unités blindées, d’infanterie ainsi que les escadrilles de chasse. Mais ce sont particulièrement aux femmes tireurs de précision que nous allons nous intéresser. Les photos qui illustrent cet article reconstituent typiquement une sniper en service entre 1943 et 1945 (groupe de reconstitution Pobeda).

Au tout début de l’offensive Allemande, peu de femmes exercent à proprement parlé la fonction de sniper. Ce n’est quelques mois plus tard, que le commandement Soviétique va décider de créer une école de préparation et de formation d’unités de sniper féminines.  Durant toute la grande guerre patriotique, ce sont plus de 2000 femmes qui occuperont cette fonction, dont beaucoup s’illustreront à l’instar de Liudmila Pavlichenko ou encore Roza Chanina,  toutes deux créditées d’un grand nombre d’ennemis tués.

La sniper que nous avons choisis de reconstituer, une simple soldat titulaire de l’insigne de la Garde sur sa poitrine droite est dotée du légendaire fusil de fabrication Soviétique Mosin-Nagant modèle 1891/1930 en calibre 7,62x54mm, et sa lunette de type PU, dont le grossissement est x4 .  Elle porte la tenue dite de 1943, qui consiste en une chemise assez typique de l’époque Tsariste, et dotée de pattes d’épaules, qui remplaçaient les insignes de col des tenues de 1935. Elle est également équipée d’un casque de type SSh-40 sous lequel elle conserve le port de son calot, pratique courante à l’époque. Sur ses épaules, nous pouvons voir la toile de tente dite « plash-palatka », de forme carrée qui peut se porter comme sur la photo, en cape, pour se protéger de la pluie mais également s’offrir un écran de camouflage tout relatif. Notre jeune femme est aussi dotée d’une paire de jumelle au grossissement 6×30.
D’autres accessoires existaient à destination des tireurs de précision, comme des périscopes de tranchée et des combinaisons camouflées.

Article de Simon Vannoye, association Pobeda.

Photographe : Julia K.

Modèle : Charlène O.

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